MPB Maison des Pêcheurs Bonifacio

Lieu : Bonifacio (2A)

Programme : Box et bureaux pour pêcheurs, banc de vente des produits de la mer, bureaux, salle polyvalente,

espaces extérieurs, esplanade paysagée

Maîtrise d’Ouvrage : Commune de Bonifacio

Maîtrise d’Oeuvre : Buzzo Spinelli Architecture, ISB Structure, B52 Fluides, ESI Economiste

Surface : SDP 320 m2 – SHOE 1098 m2

Coût : 1 080 000 € HT

Calendrier : 2012-2016

Photographies : Serge Demailly

Enserrés au fond d’un goulet, bordés par des falaises calcaires, de grands blocs de pierre, rêvant de grand large, ont fait le choix de se jeter dans le port.  Arrachés à la falaise, ils nous rappellent que Bonifacio appartient à la mer.

Ces fragments de calcaire, gisant là, étendus sur le quai, investissent les rives et assoient l’emprise de la prud’homie.

L’Ortu Duzzi, qui signifie en bonifacien « Les jardins où l’eau douce coulait », est le site choisi pour offrir un véritable lieu de vie à ceux qui continuent de raconter un pan de l’histoire de cette ville : les pêcheurs.

A l’origine, occupé par des jardins, ce site, propice à la végétation, de par la présence d’une source mais aussi par une configuration favorable, offre un endroit paisible pour venir perpétuer ces gestes ancestraux.

L’édifice épouse les courbes de la falaise et s’étend de tout son long sur la parcelle.

Il fait sien l’ensemble de l’espace imparti, dans l’intention de générer un projet tant urbain qu’architectural.

La prud’homie s’ouvre à la vie de la citée en ménageant entre ses blocs des espaces extérieurs, en continuité avec l’espace public.

Ainsi, réparation des filets, vente à la crier, réinvestissent les quais et animent les rives.

Adossé à la falaise le bâtiment libère devant lui un parvis conçu comme un espace de mise en abyme de ces pratiques autrefois sauvages.

Dans un corps à corps, le bâtiment offre la falaise au toucher.

Empreint par la minéralité environnante, la construction se veut rugueuse.

Coffré à la planchette, le béton arbore fièrement, comme les tatouages des marins, les cicatrices induites par ce procédé.

Ces empreintes laissées dans le béton entrent en vibration avec les lignes des persiennes coulissantes et perpétuent les strates calcaires.

Constitués de lames horizontales, les brises soleil animent les façades, leurs conférant un effet cinétique. Le vocabulaire naval, introduit par ces éléments de bois, donne à l’étage des allures de pont.

L’acrotère de béton blanc se détache du fond de par sa blancheur et son aspect lisse pour donner de la profondeur au projet. L’ombre qu’elle crée profite aux pêcheurs et au banc de vente

En porte-à-faux, elle matérialise l’avancée de la ville sur la mer.

En partie supérieure, la végétation a repris ses droits. L’étage est conçu comme un véritable belvédère planté d’essences issues du plateau bonifacien.

Comme suspendue, l’esplanade offre à la prud’homie un lieu de convivialité et de partage, se destinant ainsi à devenir la proue de ce navire urbain.

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© Buzzo Spinelli Architecture